Il y a des œuvres qui commencent par une phrase. BOOBSTRUCK a commencé par une image — une composition digitale posée sur Photoshop en 2024, sorte de pense-bête visuel que ceux qui suivent le travail de Mr Klink sur Instagram ont peut-être déjà croisé en scrollant. Une idée en attente. Une promesse faite à soi-même.
En 2026, l'idée est passée à l'œuvre.
Un tableau qui ne choisit pas son angle
Le point de départ n'est pas le sujet — c'est le dispositif. Mr Klink voulait que le spectateur tourne. Qu'il déambule autour de la pièce comme on déambule dans une rue, comme on tourne la tête, comme on revient sur ses pas. Un tableau classique impose un face-à-face. BOOBSTRUCK refuse cette frontalité.
La solution s'est imposée d'elle-même : une colonne. Quatre faces. Un tableau plié en quatre.
Le châssis métallique est d'abord construit, puis une seule toile est tendue autour — elle enveloppe les quatre faces d'un seul tenant, comme une peau continue. Puis vient la décoration baroque — ces éléments en bois et plâtre qui habillent le socle et le chapeau, empruntés au vocabulaire du cadre doré, de l'autel, du piédestal. L'enduit, le ponçage, la peinture. Une construction patiente, couche par couche, avant même que le sujet n'apparaisse.
La dorure autrement
Mr Klink connaît la dorure. Il l'avait déjà travaillée mélangée à la résine pour ses appliques murales — cet effet incandescent qui s'allume quand la lumière frappe la matière, quelque chose entre braise et bijou. Pour BOOBSTRUCK, il voulait autre chose. Pas la lumière de l'intérieur, mais la lumière du dehors — une dorure au pinceau, mate et dense, qui donne au socle et au chapeau l'apparence d'un objet de culte sorti d'une sacristie.
Le contraste est voulu : le bleu profond et les formes organiques de la peinture contre l'or immobile du piédestal. Le vivant contre le sacré. Le mouvement contre la fixité.
Le sujet
BOOBSTRUCK parle de quelque chose d'universel et d'instinctif. La poitrine comme forme — maternelle, érotique, libre, politique, souvent tout ça en même temps. Toutes les couleurs, toutes les formes, aucune hiérarchie. Mr Klink ne classe pas, ne juge pas, n'ironise pas. Il accumule et fait tourner.
Sur les quatre faces du piédestal, les formes flottent dans un bleu profond, se frôlent, se superposent. Le spectateur tourne, découvre, revient. Chaque face est une composition à part entière. L'ensemble est une seule œuvre.
L'ennui comme moteur
Mr Klink ne fait pas de séries. Ou plutôt — les séries l'ennuient trop vite. Ce qui l'intéresse c'est l'expérimentation, l'exploration, le fait de ne pas savoir exactement où on va quand on commence. BOOBSTRUCK est née de cette liberté-là : une idée gardée deux ans, un format jamais tenté, des matériaux combinés différemment.
Le résultat est une pièce unique, 54 cm de hauteur, 15 cm de côté. Acrylique, spray et pinceau sur toile tendue sur châssis métallique. Socle et chapeau bois, plâtre et dorure au pinceau. Certificat d'authenticité inclus.
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